mercredi 28 janvier 2009

Plaisirs musicaux et poétiques



Mise en musique d'un poème de Nazim Hikmet, spectacle Don Chisciotte e gli Invincibili.
Merci à Emeline pour cette réminiscence du moment intimiste partagé avec Gianmaria, Erri et Gabriele voilà un peu moins d'un an, tous les trois chers à mon coeur pour des raisons différentes : la virtuosité de Mirabassi à la clarinette (THE instrument), la profondeur des mots et romans d'Erri de Luca (et sa gentillesse), la musique et la voix de Gianmaria Testa enfin, douces et rugueuses à la fois, suscitant mélancolie et sentiment de bien-être, et associées à de bons moments.

Et merci aussi à Emeline de me laisser croire que moi aussi je croiserai un jour Gianmaria dans un aéroport à Montréal ou un arrêt de bus à Paris...

mardi 20 janvier 2009

Plaisirs handballistiques

Le handball, un sport collectif porteur de valeurs, riche en émotions, très beau à regarder. Quant au handball français, il atteint des sommets, sans doute pas encore assez reconnu à son juste niveau, mais aussi (et heureusement) pas encore entaché par le pouvoir de l'argent, suivez mon regard... Supportrice un jour, supportrice toujours...

dimanche 11 janvier 2009

Petit plaisir matinal...



Un autre plaisir mâtinal, le 7-10 de France Inter présenté par Nicolas Demorand, et surtout le journal de 7.30 d'Agnès Bonfillon, journaliste rigolotte qui met un peu de gaieté pour bien commencer la journée... à écouter jusqu'au bout, pour l'entendre titiller Demorand, à chaque fois elle me fait tirer un sourire... c'est tout, mais tellement !

lundi 5 janvier 2009

Plaisirs minuscules...

Pour certains comme Philippe Delerm, la première gorgée de bière, puisque comme le disent les Ogres de Barback "on ne devrait vivre qu'une minute et demi, le temps du premier baiser et du premier demi".
Quant à moi, difficile de les avoir tous en tête, ces petits plaisirs se vivent plus qu'autre chose, et ne se citent que lorsqu'on les recroise.
Comme ce plat de pâtes au brocolis et parmesan... mais pas n'importe quelles pâtes, les pipe rigate, des sortes de penne rigate recourbées, où les morceaux de fleurs du brocolo se glissent, un vrai régal...
Je m'abstiendrai d'illustration, laissant la puissance évocatrice agir, tout est une question de perception...

samedi 13 décembre 2008

Quand culture ne rime plus seulement avec pure...

Le gouvernement italien, par la voix de son ministre de la Culture Sandro Bondi, a annoncé récemment la création d'une Direction générale pour les musées et leur valorisation. Ce n'est pas tant cette décision qui a fait grand bruit que l'homme choisi pour le poste de « supermanager » de cette structure qui chapeautera près de 3600 musées et sites archéologiques. En effet, pour la première fois, ce ne sera pas un archéologue ou un historien de l'art à occuper ce type de poste, mais un certain Mario Resca, 62 ans, actuel dirigeant de McDonald's Italia... Proche de Berlusconi, cet homme est également membre du conseil d'administration de la maison d'édition Mondadori et président de la Chambre de Commerce américaine en Italie.

Le gouvernement semble avoir considéré que Resca possède les connaissances requises pour activer le plan de « prêt » des oeuvres d'art à l'étranger annoncé par le ministre, s'inspirant de l'activité du musée du Louvre. Le dirigeant de Mc Donald's a lui-même reconnu ne pas avoir une grande connaissance du monde de l'art, mais pour se défendre il a indiqué qu'avant de diriger la firme américaine le secteur de la restauration lui était inconnu. Il aurait accepté le poste pour servir son pays, le patrimoine italien lui apparaissant « une gisement de pétrole à coût zéro »... Dans un contexte où la culture va subir des coupes budgétaires de près d'un milliard d'euros sur 3 ans, Resca avance déjà des pistes de réflexion : développer le tourisme culturel, faire usage du marketing, favoriser la circulation des oeuvres d'art dans le monde, ou encore faire appel aux financeurs privés.

Les réactions politiques ne se sont pas faites attendre. Le président de la commission Culture à la Chambre des députés, membre de l'opposition, a remarqué avec une certaine pertinence que les compétences en matière de conduite d'entreprise de Resca sont indéniables, mais qu'on peut se demander ce que les hamburgers ont à voir avec l'extraordinaire patrimoine culturel italien. Franceso Rutelli, ancien ministre de la Culture, a affirmé que Resca était une personne incompétente pour ce poste.

Le monde de l'art, quant à lui a réagi de manière vigoureuse. Un appel pour la sauvegarde des musées et des biens archéologiques et artistiques a été lancé par l'association Ranuccio Bianchi Bandinelli, un institut de recherche et de formation. La pétition avait recueilli fin novembre près de 6000 signatures. Cette nomination a également suscité un intérêt international, puisque le journal anglais The Economist a lui-même publié un article à ce sujet.

Les défenseurs de ce choix soulignent la nécessité d'une gestion assainie des musées. Resca serait également la personne juste pour dépoussiérer l'image des musées italiens en favorisant leur processus de modernisation. Ces arguments ne sont pas sans fondement, et parler de fast-food de la culture semble pour l'instant exagéré. Pour autant la démarche est forcément inquiétante, dans un contexte où une nouvelle polémique naît à Turin sur l'hypothèse d'une « vente » de la Mole Antonelliana, symbole de la ville... Alors wait and see or mobilitatevi ?...

lundi 1 décembre 2008

Napoléon le Petit

Que peut-il ? Tout. Qu’a-t-il fait ? Rien. Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l’Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire. Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide. L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse. Quand on mesure l’homme et qu’on le trouve si petit et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme, il est impossible que l’esprit n’éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde, d’un homme médiocre échappé ".
Victor Hugo, Napoléon le Petit, pamphlet politique, août 1852, réédité chez Actes Sud.

... si loin, et pourtant si proche, comment ne pas y voir une résonance même superficielle avec le contexte actuel ?...

mardi 25 novembre 2008

Errare humanum est (et encore...) mais perseverare diabolicum


mardi 18 novembre 2008

Dreaming by numbers

Documentaire noir et blanc de Anna Bucchetti qui filme avec merveille une réalité de la Naples populaire, celle de la smorfia, pratique ancestrale du loto et du jeu sur les numéros. Mais pas n'importe comment.
Cette tradition, qui prend racine dans les pratiques cabalistiques, associe chaque numéro à un objet, une chose. Ainsi, chaque évènement peut être joué par une série de nombre dans ces ricevitorie, petites boutiques de jeu. Pourquoi ce jeu et cette quasi obsession pour les numéros ?
D'abord, il s'agit d'une manière d'interpréter le monde, de le ramener à la forme de numéros, qu'il s'agisse de moments de la vie quotidienne ou de l'interprétation d'un rêve. Ces numéros sont censés porter chance pour gagner au loto, mais pas seulement. Jouer est souvent une nécessité, mais peut-être plus pour donner de l'espoir que pour devenir riche dans des milieux souvent modestes.
Mais pour certains joueurs il s'agit d'une véritable passion du jeu, d'une habitude prise de faire fonctionner leur imagination à longueur de journée pour repérer les numéros qui les entourent, qu'ils croisent.
Ces séries de numéros font partie de la vie des gens : une femme continue à jouer depuis 10 ans les nombres que jouait sa mère, alors qu'une autre joue les dates d'anniversaire de ses enfants.

Ce documentaire, au montage très réussi, donne à voir un aspect peu connu de l'Italie du Sud, mais surtout une autre image de Naples, loin des règlements de compte mafieux ou des décharges illégales. Cette réalité là existe, mais ça fait du bien de voir une image moins noire de cette ville et de ses habitants, quand bien même tout aussi réelle.
Des tranches de vie donc, de la grand-mère dont le jeu est le seul vice à ce travesti organisateur de parties de bingo pour les signore du quartier...
Rencontres du cinéma italien de Grenoble 2008 - Dreaming by numbers.

lundi 17 novembre 2008

La giusta distanza

Ce dernier film de Carlo Mazzacurati raconte l'histoire d'une jeune institutrice, Mara, qui fait irruption dans un petit village tranquille du nord est de l'Italie. Cette arrivée ne laisse pas de marbre les habitants. Parmi eux, Hassan, un mécanicien d'origine tunisienne, au comportement d'abord ambigu, qui va peu à peu entrer dans la vie de cette jeune femme.
Mais lorsque Mara est retrouvée assassinée, c'est lui qui est suspecté en premier lieu. Le doute persiste pourtant...
Un film riche, où le polar croise la description d'une Italie rurale, l'immigration, le choc des cultures. Et la question latente de la "juste distance", celle à garder entre soi et l'être aimé, et plus largement entre soi et le reste du monde.
A noter la prestation de l'hilarant Giuseppe Battiston, vu récemment aux côtés de Valerio Mastandrea dans Ciao Stefano (Non pensarci), là encore très bon.
Et de finir par un proverbe arabe cité par Hassan dans le film : "Come anima inseguita da ombre Aspetto tremante che il sole torni" (Comme une âme poursuivie par des ombres, J'attends tremblant que le soleil revienne).

Gianmaria Testa, la simplicité, l'émotion, la beauté



Gianmaria Testa, piémontais dont le prénom débute comme le nom de ce blog, heureuse coincidence...

mercredi 5 novembre 2008

Obama a-t-il la baraca pour se frotter à la frite Mac Cain ?...

Je ne tenterai aucun commentaire ni aucune analyse à quelques heures du résultat de l'élection que le monde entier attend, les yeux tournés vers le Nouveau Monde... Laissons cela aux vrais spécialistes et à tous les journalistes français et à toutes les rédactions en direct de New-York, et délectons-nous un instant de la chanson du dimanche consacrée aux 2 candidats, un peu de second degré parbleu!

mardi 4 novembre 2008

La nuit au musée...

J'avoue que déambuler dans un musée de nuit est une occasion rare mais qui m'a toujours fascinée, l'envie de s'y laisser enfermer, peut-être une réminiscence du personnage de Belphégor... Par contre, rien à voir avec le récent film La nuit au musée avec Ben Stiller entouré de squelettes vivants...
Alors comment ne pas saisir l'opportunité de visiter le musée du Louvre justement, de nuit, rien que l'idée m'emballait, surtout pour y admirer les chefs d'oeuvre d'Andrea Mantegna, peintre de la Renaissance italienne dont le nom est souvent associé à la ville de Mantoue.
L'exposition a vraiment été intéressante, mais mon enthousiasme a été un peu refroidi par une foule venue nombreuse... Apparemment mon quasi fantasme était partagé par beaucoup, à moins que ce ne soit l'attractivité des bas prix...
Bref, le mythe nocturne du musée s'est un peu rompu, jusqu'à la sortie de la
pyramide et la vision de la cour :
Finalement, regarder la ville de nuit est encore plus fascinant que visiter un musée, surtout dans la ville "lumière"... Il en faut peu pour la faire sienne quand le brouhaha quotidien s'est tu, et, avec de l'imagination, en avoir la vision qu'on souhaite... pour oublier la réalité grisâtre diurne...

jeudi 30 octobre 2008

Sappi, sache

Sappi che tutte le strade, de Pier Mario Giovannone

Sappi che tutte le strade / Sache que tous les chemins
anche le più sole / même les plus solitaires
hanno un vento che le accompagna / ont un vent qui les accompagne

E che il gomitolo, forse / Et que la pelote, peut-être
non ha voluto diventar maglione / n'a pas voulu devenir chandail

Che preferisco non imparare la rotta / Que je préfère ne pas apprendre le cap
per ricordarmi il mare / pour me rappeler la mer

Chocolat

Le chocolat vu par Wild Billy Boy Mosai, piste à exploiter pour juger de l'effet gianduiottastica...




J'prends du chocolat
Du bonheur pour moi
Ca va monter doucement
Devenir apaisant
D'abord les veines qui gonflent
Le moteur qui ronfle
Les angines de poitrine
S'débinent
Chocolat, du choco-lat
Chocolat, du choco-lat

Ensuite sérénité
Plus rien pour m'agresser
Et amour véritable
Etat très confortable
Tout le monde je l'aime
Même le pire je l'aime
Les oiseaux je l'aime
Les poissons je l'aime
Oh là-bas un chien, je t'aime, je t'aime
Chocolat, du choco-lat
Chocolat, du choco-lat

Pas question de redescendre
Ni de prendre un scaphandre
J'fais remonter la pluie
Et je jette mes habits
Partout mon nom raisonne
Je suis cent milles personnes
Mes pieds quittent le sol
Je suis une farandole
De chocolat, du choco-lat
Chocolat, du choco-lat

[...] Extrait de Wild Billy Boy Mosai, auteur Cédric Guyomard

vendredi 24 octobre 2008

3e rencontres du cinéma italien de Grenoble

Les 3es rencontres du cinéma italien de Grenoble approchent, elles se dérouleront du 14 au 25 novembre 2008. Pour cette nouvelle édition, 30 longs métrages et documentaires seront diffusés dans différentes salles de l'agglomération grenobloise (cinéma le Club, Seyssins, Fontaine, Théâtre 145, Campus...). Pour cette édition 2008, une nouveauté : une section "Compétition" présentant 6 longs métrages inédits en France. Et toujours une programmation de qualité, engagée, avec une forte présence cette année de documentaires et quelques comédies.
Un avant goût : "Gomorra" de Matteo Garrone, "La Sconosciuta" de Giuseppe Tornatore (le réalisateur de Nuovo Cinema Paradiso), "Caos Calmo" avec Nanni Moretti, "Io
non sono un moderato" sur la candidature de Dario Fo à la municipalité de Milan, un documentaire sur l'Orchestra di Piazza Vittorio, "L'Amore ritrovato" avec Stefano Accorsi, "Parole Sante" documentaire de l'acteur Ascanio Celestini ou encore "Ciao Stefano" ("Non pensarci" en titre original) avec l'hilarant Valerio Mastandrea.
Pour plus d'infos, suivez le lien... http://www.dolcecinema.com/index.php