anche le più sole / même les plus solitaires
Che preferisco non imparare la rotta / Que je préfère ne pas apprendre le cap
Gianduiottastica, néologisme italien à peine inventé mais déjà approprié, mélange des fameux chocolats turinois et de l'adjectif fantastique... et s'efforcer d'y relier la pensée, les mots et la réalité, en somme en faire un "idéal-type"...
Benabar...
Ses premières chansons ont été pour moi une révélation quand je l'ai découvert en 2002. Ou plutôt, j'avais dû entendre le titre "Y'a une fille qui habite chez moi" sur France Inter mais sans trop tendre l'oreille, pendant un bol de céréales ou une discussion en voiture... Ca m'avait plu, mais je n'étais pas allée chercher beaucoup plus loin.
Sa prestation aux victoires de la musique 2003 a alors été une révélation : l'interprétation de la chanson "Majorette" m'a littéralement bluffée, touchée, en somme un moment magique comme la télévision nous offre rarement... Je me suis alors empressée de me procurer ses deux premiers albums et mon enthousiasme n'en a été que plus grand. J'avais l'impression que personne n'avait dépeint les choses de la vie de cette manière, maniant l'émotion, l'ironie, réussissant à faire sourire l'auditeur au détour d'une phrase , d'une image, d'un cliché.
Influence sans doute de son passé de réalisateur de cinéma et de scénariste de la série H... C'est donc les textes qui m'ont d'abord plu, mais également son univers musical, ambiance fanfare teintée de cuivres et d'accordéon ou simple piano voix.
Quant à ses prestations scéniques que j'ai pu appréciées à plusieurs reprises, on peut dire que celui qui semble légèrement mal à l'aise dans les médias se révèle être un véritable artiste de scène. Les reprises live (« Dis quand reviendras-tu ? » de Barbara) ou ses inédits hilarants, parodiques et immanquables tels « le Slow » ou « La Pierrade » provoquent une certaine jubilation.
Je suis donc devenue naturellement une "bénabarge" (l'expression existe, si si!), à chaque petit coup de blues une petite chansonnette et une petite lueur éclairait ma journée, sans être trop kitsch j’espère… Bénabarge aussi aux yeux de mes amis, je ne relèverai pas ici le nombre de boutades, peut-être méritées parfois vu que mon sens de la réplique et du bon mot s’était teinté de bénabargisme (non, ce blog ne devient pas celui des néologismes…).
Et puis… de nouveaux albums sortirent, l’un après l’autre, jusqu’au dernier, « Infréquentable »… Et la flamme s’est un peu atténuée… Je ne dirais pas que ces albums ont été décevants, j’y ai trouvé des perles comme « Les Epices du Souk du Caire », « Je suis de celles », « Tu peux compter sur moi », « Dis-lui oui »… Mais je les ai trouvés au fur et à mesure moins surprenants, plus conventionnels. Attention, il y a toujours de bons mots, des textes formidables, et j’apprécie leur écoute, mais la musique me semble manquer un peu de relief, une touche un peu trop pop…
Benabar mûrit sans doute, moi peut-être pas, je ne sais pas… Ou peut-être est-ce simplement, comme le disait Darry Cowl, « Et plus tu désires une chose, et plus de toi s’éloigne cette chose »… En somme, à l’enthousiasme de la découverte ne peut que succéder une impression de normalité.
Quoiqu’il en soit, l’album « Benabar » reste culte. Quant au dernier, j’ai un petit faible pour « Allez », « Infréquentable », « Si j’avais su », « Où t’étais passé », « L’effet papillon », ce qui est déjà pas mal finalement…
Ah, pour finir, le clip de « L’effet papillon », pour le plaisir…
de temps en temps je me sens bien, sereine, même enthousiaste ! 