jeudi 30 octobre 2008

Sappi, sache

Sappi che tutte le strade, de Pier Mario Giovannone

Sappi che tutte le strade / Sache que tous les chemins
anche le più sole / même les plus solitaires
hanno un vento che le accompagna / ont un vent qui les accompagne

E che il gomitolo, forse / Et que la pelote, peut-être
non ha voluto diventar maglione / n'a pas voulu devenir chandail

Che preferisco non imparare la rotta / Que je préfère ne pas apprendre le cap
per ricordarmi il mare / pour me rappeler la mer

Chocolat

Le chocolat vu par Wild Billy Boy Mosai, piste à exploiter pour juger de l'effet gianduiottastica...




J'prends du chocolat
Du bonheur pour moi
Ca va monter doucement
Devenir apaisant
D'abord les veines qui gonflent
Le moteur qui ronfle
Les angines de poitrine
S'débinent
Chocolat, du choco-lat
Chocolat, du choco-lat

Ensuite sérénité
Plus rien pour m'agresser
Et amour véritable
Etat très confortable
Tout le monde je l'aime
Même le pire je l'aime
Les oiseaux je l'aime
Les poissons je l'aime
Oh là-bas un chien, je t'aime, je t'aime
Chocolat, du choco-lat
Chocolat, du choco-lat

Pas question de redescendre
Ni de prendre un scaphandre
J'fais remonter la pluie
Et je jette mes habits
Partout mon nom raisonne
Je suis cent milles personnes
Mes pieds quittent le sol
Je suis une farandole
De chocolat, du choco-lat
Chocolat, du choco-lat

[...] Extrait de Wild Billy Boy Mosai, auteur Cédric Guyomard

vendredi 24 octobre 2008

3e rencontres du cinéma italien de Grenoble

Les 3es rencontres du cinéma italien de Grenoble approchent, elles se dérouleront du 14 au 25 novembre 2008. Pour cette nouvelle édition, 30 longs métrages et documentaires seront diffusés dans différentes salles de l'agglomération grenobloise (cinéma le Club, Seyssins, Fontaine, Théâtre 145, Campus...). Pour cette édition 2008, une nouveauté : une section "Compétition" présentant 6 longs métrages inédits en France. Et toujours une programmation de qualité, engagée, avec une forte présence cette année de documentaires et quelques comédies.
Un avant goût : "Gomorra" de Matteo Garrone, "La Sconosciuta" de Giuseppe Tornatore (le réalisateur de Nuovo Cinema Paradiso), "Caos Calmo" avec Nanni Moretti, "Io
non sono un moderato" sur la candidature de Dario Fo à la municipalité de Milan, un documentaire sur l'Orchestra di Piazza Vittorio, "L'Amore ritrovato" avec Stefano Accorsi, "Parole Sante" documentaire de l'acteur Ascanio Celestini ou encore "Ciao Stefano" ("Non pensarci" en titre original) avec l'hilarant Valerio Mastandrea.
Pour plus d'infos, suivez le lien... http://www.dolcecinema.com/index.php

jeudi 23 octobre 2008

Benabar...

Benabar...
Ses premières chansons ont été pour moi une révélation quand je l'ai découvert en 2002. Ou plutôt, j'avais dû entendre le titre "Y'a une fille qui habite chez moi" sur France Inter mais sans trop tendre l'oreille, pendant un bol de céréales ou une discussion en voiture... Ca m'avait plu, mais je n'étais pas allée chercher beaucoup plus loin.
Sa prestation aux victoires de la musique 2003 a alors été une révélation : l'interprétation de la chanson "Majorette" m'a littéralement bluffée, touchée, en somme un moment magique comme la télévision nous offre rarement... Je me suis alors empressée de me procurer ses deux premiers albums et mon enthousiasme n'en a été que plus grand. J'avais l'impression que personne n'avait dépeint les choses de la vie de cette manière, maniant l'émotion, l'ironie, réussissant à faire sourire l'auditeur au détour d'une phrase , d'une image, d'un cliché.
Influence sans doute de son passé de réalisateur de cinéma et de scénariste de la série H... C'est donc les textes qui m'ont d'abord plu, mais également son univers musical, ambiance fanfare teintée de cuivres et d'accordéon ou simple piano voix.
Quant à ses prestations scéniques que j'ai pu appréciées à plusieurs reprises, on peut dire que celui qui semble légèrement mal à l'aise dans les médias se révèle être un véritable artiste de scène. Les reprises live (« Dis quand reviendras-tu ? » de Barbara) ou ses inédits hilarants, parodiques et immanquables tels « le Slow » ou « La Pierrade » provoquent une certaine jubilation.
Je suis donc devenue naturellement une "bénabarge" (l'expression existe, si si!), à chaque petit coup de blues une petite chansonnette et une petite lueur éclairait ma journée, sans être trop kitsch j’espère… Bénabarge aussi aux yeux de mes amis, je ne relèverai pas ici le nombre de boutades, peut-être méritées parfois vu que mon sens de la réplique et du bon mot s’était teinté de bénabargisme (non, ce blog ne devient pas celui des néologismes…).

Et puis… de nouveaux albums sortirent, l’un après l’autre, jusqu’au dernier, « Infréquentable »… Et la flamme s’est un peu atténuée… Je ne dirais pas que ces albums ont été décevants, j’y ai trouvé des perles comme « Les Epices du Souk du Caire », « Je suis de celles », « Tu peux compter sur moi », « Dis-lui oui »… Mais je les ai trouvés au fur et à mesure moins surprenants, plus conventionnels. Attention, il y a toujours de bons mots, des textes formidables, et j’apprécie leur écoute, mais la musique me semble manquer un peu de relief, une touche un peu trop pop…

Benabar mûrit sans doute, moi peut-être pas, je ne sais pas… Ou peut-être est-ce simplement, comme le disait Darry Cowl, « Et plus tu désires une chose, et plus de toi s’éloigne cette chose »… En somme, à l’enthousiasme de la découverte ne peut que succéder une impression de normalité.

Quoiqu’il en soit, l’album « Benabar » reste culte. Quant au dernier, j’ai un petit faible pour « Allez », « Infréquentable », « Si j’avais su », « Où t’étais passé », « L’effet papillon », ce qui est déjà pas mal finalement…

Ah, pour finir, le clip de « L’effet papillon », pour le plaisir…


mercredi 22 octobre 2008

De temps en temps...

de temps en temps je me sens bien, sereine, même enthousiaste !
le reste du temps je navigue.
et je n'ai décidément pas le pied marin...

Edgar Morin, le dernier "intellectuel" ?...

Petit hommage à Edgar Morin et à sa pensée de la complexité, que nous devrions toujours avoir à l'esprit car :
"On dit de plus en plus souvent « c'est complexe » pour éviter d'expliquer. Ici il faut faire un véritable renversement et montrer que la complexité est un défi que l'esprit doit et peut relever."
(Éduquer pour l'ère planétaire).


"La pleine conscience de l'incertitude, de l'aléa, de la tragédie dans toutes choses humaines est loin de m'avoir conduit à la désespérance.
Au contraire, il est tonique de troquer la sécurité mentale pour le risque, puisqu'on gagne ainsi la chance. Les vérités polyphoniques de la complexité exaltent, et me comprendront ceux qui comme moi étouffent dans la pensée close, la science close, les vérités bornées, amputées, arrogantes.

Il est tonique de s'arracher à jamais au maître mot qui explique tout, à la litanie qui prétend tout résoudre.
Il est tonique enfin de considérer le monde, la vie, l'homme, la connaissance, l'action comme systèmes ouverts.
L'ouverture, brèche sur l'insondable et le néant, blessure originaire de notre esprit et de notre vie, est aussi la bouche assoiffée et affamée par quoi notre esprit et notre vie désirent, respirent, s'abreuvent, mangent, baisent."
(Le paradigme perdu)


Espérons à notre modeste échelle arriver à montrer la complexité de l'idéal type gianduiottastica... ;-)

mardi 21 octobre 2008

"Comprendre l'Italie à travers ses nuances", un défi à relever…

Depuis quelques temps, nos médias nationaux s'intéressent (enfin...) à notre voisin transalpin, à travers en vrac :
- la réélection de Berlusconi et ses « affaires »,
- le livre « Gomorra » de Saviano sur la Camorra et le film qu’il a inspiré à Matteo Garrone, primé à Cannes,
- le problème du traitement / trafic des déchets en Campanie,
- les assassinats d’Africains à Casal di Principe près de Naples et l’état sécuritaire qui en a résulté,
- l’affaire Marina Petrella,
- le rêve naufragé des clandestins à Lampedusa,
- le recensement ethnique des enfants roms,
- la réhabilitation de l’architecture fasciste et les frasques du nouveau maire de Rome Gianni Alemanno et de ses « amis »,
- ou encore le nouvel album du chanteur Paolo Conte (pour finir sur une note plus légère…)

Au fond, en France, deux paradigmes structurent les visions et les discours sur le « cousin » transalpin.

D’abord, l’image romantique ô combien galvaudée de la dolce vita, de l’amour, du romantisme, delle piazze et des ragazzi col motorino. Ce tout symbolisé par la scène mythique entre Marcello Mastroianni et Anita Ekberg dans la fontaine de Trévise ou les tubes de la chanson allant de « Laisse les gondoles à Venise » à « Capri, c’est fini »… Chacun pourra ajouter à cette liste ce que bon lui semble…
Ce paradigme d’une Italie idéale s’incarne dans la renommée de sa cuisine qui malheureusement se limite souvent dans les esprits à la quadrilogie « pizza, pasta, parmigiano, gelato » en oubliant souvent l’extrême diversité de ses plats régionaux.
Pour beaucoup de nos compatriotes, l’Italie représente également la terre promise du tourisme culturel, au vu de son patrimoine reconnu par l’Unesco, image qui lui colle à la peau. Représenter un musée à ciel ouvert n’est pas forcément aisé à assumer, certaines villes sont parfois dépassées par leur patrimoine très (trop ?) envahissant.
Il faut bien reconnaître que « un po’ di verità ci sarà » parmi ces clichés, les vacances italiennes représentent toujours des moments privilégiés de douceur et de vie. Qui ne s’est pas senti envahi d’un doux sentiment devant un paysage marin ou les ruelles de Venise ? Au fond, on l’aime tous cette image de l’Italie, tout pays a besoin de se donner une identité de carte postale.

Mais cette image de l’Italie « éternelle » cohabite avec un autre paradigme qui concerne davantage la société italienne et ses habitants. On entend ainsi le discours récurrent d’un pays immobile, divisé, dont l’économie fonctionnerait au ralenti, encore plus mauvais élève de l’Union Européenne que la France, c’est dire… Un pays qui ne reconnaitrait pas son passé fasciste, aux tifosi xénophobes (la preuve, l’équipe italienne de football comprend bien peu de joueurs de couleur..), qui vote et revote Silvio Berlusconi, un Bernard Tapie puissance un million…
Quant à la jeunesse, elle semblerait perdre peu à peu ses illusions face au chômage, aux contrats précaires, à la « gérontocratie » qui règne dans le monde du travail, au démantèlement de l’université. Elle ne saurait que crier sa colère, preuve en serait le succès rencontré par le mouvement V-day de l’acteur Beppe Grillo – chacun jugera de son caractère cathartique ou populiste.
Certains diront « le pays croule », « fuggite, fuggite », qui en Australie, qui en Angleterre, comme à une autre époque…

Les critiques sont alors relativement faciles et les Français sont les premiers à rire de ces italiens faussaires, qui ne paient pas les impôts, et se la coulent douce sur les terrasses au soleil…

Pourtant, pour peu qu’on ait eu l’occasion de s’immerger dans ce pays et de côtoyer certains de ses habitants, aucun de ces portraits ne colle vraiment à la réalité. Entre ces deux paradigmes, mon esprit cherche, questionne, s’informe, interroge... Peut-on trouver quelques nuances, les formaliser, contrecarrer certaines vérités quelquefois observables mais exagérément gnéralisées ? … Pas évident. Edgar Morin citait ainsi cette merveilleuse citation de Niels Bohr selon laquelle le contraire d’une vérité profonde n’est pas une idée fausse mais, au contraire une autre vérité profonde.
Qui sait exactement comment Berlusconi a pris possession d’une bonne partie des médias, pourquoi la gauche est la première à l’avoir affublé du surnom de « Sua Emittenza » sans pour autant avoir remis en cause les lois audiovisuelles sur mesure qu’il a fait voter ?
La politique spectacle à laquelle il se donne, son alliance avec le parti Alleanza Nazionale, dont certains membres sont issus de l’ancien MSI (Mussolini tu es immortel…), et avec la Ligue du Nord de Bossi, défendant les intérêts des entrepreneurs du Nord et faisant le doux rêve d’une Padanie autonome où il ferait bon vivre, n’est-elle pas un refuge dans lequel certains italiens pensent trouver une stabilité pour leur pays ?

L’attitude des autorités françaises face aux anciens membres des Brigades Rouges laisse aussi apparaître une certaine méconnaissance des évènements historiques. Les BR n’ont pas été un gentil mouvement estudiantin trotskyste ayant comme fait d’arme majeur d’avoir lancé des pavés en mai 1968… Dans la mémoire collective italienne, il s’agit de l’enlèvement et de l’assassinat du leader politique démocrate-chrétien Aldo Moro, d’attentats dont le plus célèbre reste celui de la gare de Bologne. Alors, certes, le rôle du pouvoir politique de l’époque reste encore obscur, mais ce que l’on peut dire c’est qu’il est bien facile de juger ces italiens qui n’acceptent pas la liberté d’opinion lorsqu’elle remet en cause l’ordre établi…
La question de l’immigration fait également scandale avec le fichage des enfants roms, qui rappelle certains épisodes noirs de l’histoire contemporaine. Cependant, il faut aussi se demander comment un pays qui a été une terre d’émigration peut réussir à s’adapter à son nouveau statut de terre d’immigration.

Quant à Gomorra, il représentera l’Italie aux Oscars. Certains journalistes français se sont alors empressés de rapporter les propos du ministre de l’Intérieur Roberto Maroni. Ce dernier a en effet souhaité bonne chance au film tout en reconnaissant qu’il préfère l’image véhiculée par un film comme la Vie est belle de Benigni à celle de ce film sur la criminalité en Italie. Cette déclaration est sans doute malvenue, mais il faut aussi se demander ce que peut ressentir un habitant de Naples en voyant ce film. Cette réalité peut être connue localement et la dénonciation peut aussi être soutenue pour faire changer les choses. Mais quand cette même réalité est donnée à voir au monde entier comme seule image de la « terre » à laquelle on appartient, on peut comprendre l’ambigüité des sentiments.

Dans ce contexte, il est assez facile et confortable pour une bonne part des journalistes français traitant de ces sujets de se complaire dans une vision simpliste et d’éviter de creuser pour faire émerger la complexité italienne.
Pourtant, je me permettrais de citer la démarche d’un journaliste qui ferait presque figure d’exception. Il s’agit du correspondant permanent de Radio France à Rome, Eric Valmir, dont le travail me donne souvent plus qu’une bouffée d’air. Ses reportages dans les diverses émissions de France Inter, journaux, Esprit Critique, et surtout Et pourtant elle tourne (à ne pas manquer !), donnent le plus souvent à voir sous un autre angle l’actualité en lien avec l’Italie, ou abordent des aspects souvent méconnus de la société italienne. Lui-même reconnaît se sentir souvent seul à tenir ce propos parmi les autres journalistes français en Italie.
Cette démarche s’accompagne d’un blog (http://radiofrance-blogs.com/eric-valmir) au sous-titre évocateur : « comprendre l'Italie à travers ses nuances, loin des caricatures faciles ». L’intérêt des textes et des sons mis en ligne fournissent un complément à ses reportages et constituent (enfin…) une source d’information qui ne me fait pas bondir et nourrit mes pensées du soir de manière constructive… Quant aux commentaires et échanges qui se nouent entre les auditeurs et le journaliste, ils sont également source d’enrichissement.

Je vous invite donc si ce sujet vous intéresse à jeter un coup d’œil à son travail.
Et espère réussir à écrire quelques articles sur ce sujet…

lundi 20 octobre 2008

Ecrire...

Ecrire, pour certains un passe-temps
Pour d’autres une exigence de tous les instants.
Ecrire pour ne pas oublier
Mais écrire aussi pour s’oublier
Pour naviguer vers d’autres possibles
Pour coucher sur le papier l’indicible.
Certains écrivent à la recherche de la vérité
Pour clarifier, dénoncer, mobiliser.
D’autres par amour du verbe et de sa beauté,
Révélateurs de perceptions d’un instant ou d’une éternité.
Ecrire aussi simplement pour la force du geste,
Et se sentir rien qu’un instant poète modeste.
L’écriture est en chacun de nous, elle attend.
Elle peut nous être étrangère pendant fort longtemps.
Puis un jour, pour quelque vague raison ou même sans,
Le besoin se fait ressentir, instamment.
Etrange, de se retrouver la plume à la main,
L’idée a sans doute fait son chemin.
Et de se demander comment faire sans mode d’emploi,
Intimidé comme pour une première fois.
Mais prompt à une expérience même éphémère,
Pour échapper nous aussi un instant à l’ordinaire…